Estimated reading time: 14 minutes Yayoi Kusama est morte le 14 août 2026 dans un hôpital de Tokyo, à l’âge de 97 ans. Son décès, annoncé le 27 août par l’organisation qui porte son nom, clôt près de huit décennies de création durant lesquelles l’artiste japonaise aura transformé ses hallucinations, ses obsessions et sa fragilité psychique en l’un des langages visuels les plus puissants de l’art contemporain. Ses pois, ses citrouilles et ses espaces infinis ont dépassé le champ muséal pour pénétrer la mode, l’architecture commerciale et la culture numérique. Ses collaborations avec Louis Vuitton, en 2012 puis en 2023, ont constitué l’un des dialogues les plus accomplis entre art et luxe. La Maison ne s’était pas contentée d’apposer un motif sur ses produits : elle avait transformé son réseau mondial de boutiques et de façades en une installation Kusama à l’échelle internationale. Cette reconnaissance culturelle s’est accompagnée d’une consécration économique. Son tableau Untitled (Nets) a atteint 10,5 millions de dollars en 2022 et ses œuvres ont généré près de 81 millions de dollars dans les principales ventes aux enchères en 2023, la plaçant alors au premier rang des artistes contemporains du XXIᵉ siècle. Sa disparition ouvre désormais une séquence stratégique sensible autour de la gouvernance de son héritage : protection des droits, authentification, licences, expositions, collaborations et maîtrise de la rareté. La prolifération constituait le principe même de son œuvre ; après sa mort, elle pourrait devenir une forme…
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