Paris, le 26 janvier 2026 - Estimated reading time: 10 minutes La haute couture a rarement été aussi explicite dans son langage du corps. Pour Schiaparelli, Daniel Roseberry signe une collection Printemps 2026 qui refuse la neutralité : une couture de l’instinct, de la menace, de l’adrénaline — et de la maîtrise. Le final, pensé comme un coup de théâtre, résume l’intention : une silhouette prolongée d’une queue de scorpion géante, non pas comme simple effet spectaculaire, mais comme symbole d’un monde où l’élégance se conjugue désormais à la défense. Le vocabulaire visuel est celui des prédateurs : queues d’alligator, cornes, ailes, excroissances et volumes dorsaux qui transforment les vestes et les robes en créatures hybrides. Roseberry travaille ici une couture “augmentée”, où le trompe-l’œil n’est pas un jeu décoratif mais un dispositif narratif. Comme dans la nature, l’efficacité tient à la précision. L’effet est hypnotique parce qu’il est contrôlé, et menaçant parce qu’il semble prêt à se déclencher. Certaines pièces poussent cette dramaturgie jusqu’au basculement. Une veste en dentelle noire transparente se prolonge en queue de scorpion incurvée, hérissée d’aiguilles argentées : l’ornement devient arme, la légèreté devient danger. Un tailleur-jupe translucide brodé de cristaux s’ouvre sur des pointes d’organza inspirées du poisson-globe, rappelant que la fragilité apparente peut cacher un mécanisme de protection. Et dans une scène de clôture pensée comme un tableau vivant, Awar Odhiang et Lulu Tenney apparaissent en vestes à plumes multicolores, ornées de becs…
Éditorial réservé aux membres
Cet éditorial est accessible uniquement aux utilisateurs disposant d’un compte.
Créez votre compte gratuitement ou connectez-vous pour poursuivre votre lecture.