Lecture: 5 minutes Pendant des décennies, l’industrie horlogère suisse a construit son récit autour de la permanence. Une montre mécanique n’était pas seulement un instrument de mesure du temps ; elle constituait un actif émotionnel, transmissible entre générations, capable de survivre aux cycles économiques et aux modes passagères. Or, en 2026, une dynamique inattendue vient bousculer cette promesse. Alors que l’or évolue à des niveaux proches de ses records historiques, certaines montres vintage sont désormais davantage valorisées pour leur poids en métal précieux que pour leur intérêt horloger. Dans les ateliers spécialisés de Londres, Genève ou New York, des pièces Omega Constellation, TAG Heuer Carrera ou Breitling Chronomat quittent progressivement le marché secondaire pour rejoindre les fours des affineurs. Le phénomène reste difficile à quantifier précisément. Pourtant, les témoignages convergent : la hausse spectaculaire du métal jaune modifie profondément les équilibres économiques du marché de l’occasion. L’arbitrage est simple. Lorsqu’une montre contient suffisamment d’or et que sa valeur de revente demeure limitée, la destruction de l’objet devient plus rentable que sa commercialisation. Ce qui relevait autrefois d’une pratique marginale touche désormais des références parfaitement conservées. Le cas évoqué par Reuters d’une Omega Constellation des années 1970 illustre parfaitement cette logique. La montre aurait pu être vendue aux enchères pour environ 4 000 à 4 500 livres sterling. Son contenu en or permettait pourtant d’en extraire près de 5 750 livres sterling de valeur métallique. Dans ces conditions, le calcul économique…
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