Paris, le 19 février 2026 - 6 minutes Dans un e-commerce de mode fragilisé par la compression des marges, la volatilité du trafic et la consolidation accélérée des acteurs, Mytheresa affiche une trajectoire singulière. Là où nombre de plateformes ont cherché la taille critique par l’accumulation d’assortiments et la course au volume, la société allemande revendique une équation plus étroite, presque contre-intuitive : 4 % de ses clients génèrent 40 % du chiffre d’affaires. Pour Francis Belin, nommé directeur général il y a quelques semaines, ce chiffre n’est pas un indicateur parmi d’autres ; il est la clé de lecture du modèle. L’entreprise ne cherche pas à séduire la foule. Elle construit une dépendance choisie avec une élite de clients internationaux qui dépensent, pour certains, plus de 100 000 dollars par an. Dans un secteur dominé par l’optimisation algorithmique, Mytheresa assume une obsession presque artisanale du lien. Fondée en 2006 dans le prolongement de la boutique Theresa ouverte à Munich en 1987, la plateforme a toujours cultivé une logique d’édition plutôt que d’agrégation. Environ 250 marques composent l’assortiment. Le choix est délibéré. À rebours des interfaces saturées, la direction privilégie la lisibilité, la curation et la rapidité d’accès aux pièces désirables. « Moins nous proposons, mieux c’est », résume Belin, qui voit dans la simplification un levier stratégique autant qu’esthétique. Cette discipline intervient alors que plusieurs acteurs du e-commerce luxe ont traversé des turbulences majeures — restructurations, pertes massives ou repositionnements contraints chez Farfetch, MatchesFashion ou…
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