Éditorial réalisé en partenariat avec The Off À Milan, au cœur de la Milan Design Week, où le rythme effréné des présentations et des activations transforme la ville en théâtre de la consommation culturelle accélérée, Miu Miu choisit une trajectoire inverse. Là où l’industrie multiplie les objets, la maison orchestrée par Miuccia Prada suspend le temps et installe, le temps de trois jours au Circolo Filologico, un espace de réflexion dont l’ambition dépasse largement le cadre événementiel. Le Miu Miu Literary Club ne se présente plus comme une extension culturelle de la marque, mais comme un instrument critique, un dispositif intellectuel à travers lequel le luxe interroge ses propres fondements - au premier rang desquels le désir. Ce déplacement est tout sauf anodin. Depuis plusieurs années, la notion de désir, longtemps considérée comme un moteur implicite du luxe, devient un objet d’analyse explicite. En choisissant d’en faire le thème central de son édition 2026, Miu Miu ne se contente pas d’illustrer une tendance académique ; la maison participe activement à sa reformulation. Le désir n’est plus seulement ce qui structure la relation entre une marque et son audience, mais ce qui organise les rapports de pouvoir, les dynamiques sociales et les constructions identitaires. À travers cette grille de lecture, le luxe cesse d’être uniquement aspirationnel pour devenir un espace d’interprétation du réel. Le choix des œuvres convoquées renforce cette ambition. En ouvrant le programme avec Une histoire de fille, Annie Ernaux…
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