Lecture : 5 minutes Dans le luxe, les indicateurs les plus précieux n’apparaissent pas toujours dans les rapports trimestriels. Ils se manifestent parfois sur un trottoir. Jeudi matin, devant la boutique Chanel de New Bond Street à Londres, plusieurs centaines de clients ont accepté de patienter jusqu’à cinq heures pour découvrir la première collection Métiers d’Art signée Matthieu Blazy. Le phénomène est d’autant plus remarquable que la capitale britannique connaissait simultanément d’importantes perturbations de son réseau de transport, réduisant fortement l’accessibilité du centre-ville. Pour Chanel, la scène dépasse largement le cadre d’un lancement de collection. Elle constitue probablement l’une des premières démonstrations tangibles de l’attractivité commerciale du nouveau chapitre créatif ouvert par Matthieu Blazy. Depuis son arrivée, l’ensemble de l’industrie observe avec attention la manière dont le créateur entend faire évoluer l’une des maisons les plus influentes du luxe mondial. Contrairement à d’autres nominations récentes marquées par des stratégies de rupture immédiate, Chanel semble avoir privilégié une approche plus subtile : préserver les fondamentaux de la maison tout en réinjectant une nouvelle énergie créative susceptible de relancer le désir. La collection Métiers d’Art constitue un terrain d’observation idéal. Historiquement, cette ligne occupe une place particulière dans l’écosystème Chanel. Elle n’est pas seulement une collection intermédiaire entre deux saisons. Elle représente la vitrine du savoir-faire des ateliers réunis au sein du Le19M, structure créée pour préserver et développer les métiers artisanaux qui participent à l’identité de la maison. Brodeurs, plumassiers, modistes, bottiers,…
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