Estimated reading time: 7 minutes Lorsque LVMH a acquis progressivement le contrôle de DFS au cours des années 1990, le groupe français misait sur une conviction simple : la croissance du luxe passerait par les flux touristiques internationaux. Pendant près de trois décennies, cette thèse s'est révélée exacte. Les aéroports asiatiques, les destinations détaxées et les galeries commerciales destinées aux voyageurs sont devenus des portes d'entrée privilégiées vers les maisons du groupe, accompagnant l'essor spectaculaire des clientèles chinoises, coréennes et japonaises. L'annonce de la cession de DFS Okinawa au groupe suisse Avolta marque aujourd'hui une nouvelle étape dans l'évolution de cette stratégie. Quelques mois après la vente des actifs DFS de Hong Kong et de Macao au groupe chinois CTG Duty-Free, LVMH poursuit la réorganisation d'un portefeuille qui fut longtemps considéré comme l'un des piliers de sa présence commerciale en Asie. L'opération peut sembler marginale à l'échelle d'un groupe qui a généré plus de 84 milliards d'euros de revenus en 2025. Elle est pourtant révélatrice d'un mouvement plus profond qui traverse actuellement l'industrie mondiale du luxe : la redistribution de la valeur entre les marques et les réseaux de distribution. Pendant des années, les groupes de luxe ont considéré le travel retail comme un accélérateur naturel de croissance. Les flux de passagers internationaux augmentaient continuellement, les dépenses détaxées progressaient plus rapidement que le commerce traditionnel et les grands hubs asiatiques constituaient des points de contact privilégiés avec les consommateurs à…
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