Éditorial réalisé en partenariat avec The Off Il y a dans le luxe européen une mémoire courte, presque volontaire. Celle d’un secteur habitué aux cycles, mais qui feint, à chaque secousse, de redécouvrir sa propre sensibilité aux chocs exogènes. En ce début d’année 2026, les investisseurs qui observent les trajectoires de LVMH, Hermès ou encore Kering - maison mère de Gucci - ont le sentiment d’assister à une scène déjà jouée. Un premier acte marqué par l’optimisme, porté par la relance créative et un retour progressif de la demande. Puis, brutalement, un retournement, déclenché non par une faiblesse intrinsèque du secteur, mais par une dégradation du climat géopolitique et financier. Le parallèle avec 2025 s’impose. L’année avait débuté sous des auspices favorables, avec l’espoir d’un redémarrage après deux exercices de normalisation post-pandémie. Mais les tensions commerciales, notamment impulsées par la politique américaine, avaient rapidement douché les anticipations. En 2026, le scénario se répète avec une précision presque troublante. L’environnement semblait stabilisé : les marchés actions portaient la consommation haut de gamme, les clientèles américaines retrouvaient leur appétit pour les biens discrétionnaires, et la Chine envoyait des signaux timides mais réels de reprise. L’industrie, fidèle à son ADN, avait enclenché une nouvelle phase créative, portée par une génération renouvelée de directeurs artistiques, notamment chez Chanel et au sein des maisons du groupe LVMH. Puis le choc. L’escalade militaire impliquant les États-Unis et Israël face à l’Iran a instantanément reconfiguré les anticipations. Les…
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