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Louis Vuitton renforce son offre beauté avec une première collaboration entre Pat McGrath et Nicolas GhesquièreArticle en lecture libre

Temps de lecture estimé : 13 minutes

Louis Vuitton franchit une nouvelle étape dans le déploiement de La Beauté en réunissant Pat McGrath et Nicolas Ghesquière pour une première collaboration maquillage en édition limitée. Au-delà du lancement produit, la Maison transforme son Monogram en actif transversal capable de relier patrimoine, mode, beauté et maroquinerie.

À l’occasion des 130 ans du Monogram, Louis Vuitton transpose pour la première fois son canvas historique directement sur les produits de La Beauté. Deux univers structurent la capsule : Monogram Dune, aux tonalités lumineuses et nude, et Monogram Infrarouge, construit autour de rouges, noirs et contrastes plus radicaux.

La collaboration formalise surtout un dialogue créatif ancien. Pat McGrath accompagne depuis des années les défilés imaginés par Nicolas Ghesquière. Louis Vuitton transforme désormais cette relation backstage en une proposition commerciale cohérente avec l’identité féminine de la Maison.

Le positionnement confirme l’ambition ultra-premium de Louis Vuitton dans la beauté. Selon WWD, les palettes LV Ombres sont proposées autour de 340 dollars, tandis que LV Rouge et LV Baume atteignent environ 195 dollars. Les produits sont rechargeables et la capsule est prolongée par de la petite maroquinerie et des accessoires, notamment des pochettes à rouge à lèvres et mini-vanities.

Cette articulation est stratégique : plutôt que d’utiliser la beauté comme simple produit d’accès, Louis Vuitton lui applique les mécanismes traditionnels de son modèle : désirabilité, objet, collection, patrimoine, prix et continuité entre catégories.

Le lancement débute en Chine le 10 août, avant une commercialisation en ligne le 20 août, puis dans les boutiques Louis Vuitton à partir du 27 août.

Executive Brief
Par la rédaction de M&Magazine
  • Louis Vuitton collabore avec Pat McGrath et Nicolas Ghesquière pour lancer une collection de maquillage en édition limitée.
  • La capsule comprend deux univers, Monogram Dune et Monogram Infrarouge, qui reflètent des tonalités lumineuses et radicales.
  • Le positionnement ultra-premium des produits, avec des prix allant jusqu’à 340 dollars, vise à établir un lien entre mode, beauté et maroquinerie.
  • Le lancement commence en Chine le 10 août, suivi d’une disponibilité en ligne et en boutique.
  • Cette initiative marque une nouvelle étape pour Louis Vuitton, cherchant à créer un univers autonome autour de La Beauté tout en préservant son héritage.

Pour sa première collaboration beauté, Louis Vuitton réunit Pat McGrath et Nicolas Ghesquière autour de deux éditions limitées qui transposent le Monogram dans le maquillage. Derrière les palettes et rouges à lèvres, la Maison poursuit une stratégie plus profonde : faire de ses codes patrimoniaux un langage capable de circuler de la maroquinerie à la mode, puis à la beauté, sans perdre leur puissance symbolique.

Il y a, dans le luxe, des extensions de catégorie qui cherchent à conquérir un marché. Et il y en a d’autres qui cherchent d’abord à étendre un territoire de marque. La première collaboration de La Beauté Louis Vuitton appartient manifestement à la seconde catégorie.

Pour la première fois, le canvas Monogram de la Maison habille directement les produits de maquillage de Louis Vuitton. L’événement pourrait sembler essentiellement esthétique. Il est en réalité beaucoup plus structurant.

À l’occasion des 130 ans du Monogram, Louis Vuitton fait entrer l’un de ses actifs patrimoniaux les plus puissants dans une catégorie encore récente pour la Maison et organise une nouvelle rencontre entre son directeur artistique des collections féminines, Nicolas Ghesquière, et Dame Pat McGrath, directrice de la création maquillage de Louis Vuitton.

Le résultat prend la forme de deux univers en édition limitée, Monogram Dune et Monogram Infrarouge, construits autour des yeux et des lèvres. Deux interprétations presque opposées d’un même vocabulaire : la première lumineuse, minérale et douce ; la seconde sombre, rouge, noire et volontairement plus radicale.

Mais le produit n’est peut-être pas le sujet principal.

Le véritable enjeu réside dans la manière dont Louis Vuitton commence à construire la grammaire de sa beauté : non comme une activité périphérique adossée à la puissance de son nom, mais comme une nouvelle expression de l’univers créatif de la Maison.

La collaboration entre McGrath et Ghesquière en constitue un point d’ancrage particulièrement cohérent.

Leur dialogue ne commence pas avec cette collection.

Il s’est construit depuis des années dans les coulisses des défilés Louis Vuitton, où le maquillage de McGrath accompagne les silhouettes imaginées par Ghesquière.

Cette continuité est essentielle. Là où une collaboration traditionnelle repose souvent sur la rencontre ponctuelle de deux signatures, Louis Vuitton inverse presque la logique : il transforme une relation créative existante en objet commercial.

McGrath décrit ainsi une compréhension instinctive et un rapport de confiance développé au fil des années.

Ghesquière présente de son côté le projet comme la progression naturelle d’un dialogue déjà installé dans les shows de la Maison. Autrement dit, le maquillage ne vient pas artificiellement rejoindre la mode : il en était déjà l’un des langages éphémères. Louis Vuitton lui donne désormais une matérialité, un packaging et un prix.

Cette nuance dit beaucoup de la stratégie.

Dans une industrie où les grandes Maisons cherchent à accroître leur exposition à la beauté, l’enjeu n’est plus seulement d’apposer une marque de luxe sur une nouvelle catégorie.

Il s’agit de préserver la rareté culturelle d’une Maison tout en développant des produits susceptibles d’élargir considérablement la fréquence de relation avec le client.

La beauté est particulièrement adaptée à cette mécanique.

Elle permet d’entrer dans l’univers d’une Maison à des niveaux de prix inférieurs à ceux de la maroquinerie ou du prêt-à-porter, mais elle offre surtout une fréquence d’usage sans commune mesure avec celle d’un sac ou d’une pièce de collection.

Louis Vuitton prend cependant soin de ne pas traduire cette accessibilité relative en banalisation.

Les LV Ombres sont proposées autour de 340 dollars, tandis que LV Rouge et LV Baume se situent aux environs de 195 dollars selon WWD. Les produits sont rechargeables. Ces niveaux placent immédiatement l’offre dans un territoire de beauté ultra-premium, où l’objet, son système de recharge, son poids symbolique et son environnement comptent presque autant que la formule elle-même.

Ce positionnement est stratégique. Louis Vuitton ne cherche pas seulement à vendre du maquillage ; la Maison applique à la beauté une partie des mécanismes économiques et émotionnels traditionnellement associés aux objets de luxe.

La présence du Monogram accélère ce transfert.

Créé en 1896 par Georges Vuitton en hommage à son père Louis, le motif a traversé plus d’un siècle de transformations de la Maison. Il est simultanément signature visuelle, marqueur de reconnaissance et infrastructure créative. Sa longévité tient précisément à cette capacité à rester identifiable tout en acceptant d’être réinterprété.

La beauté lui offre désormais une nouvelle surface d’expression.

Monogram Dune transpose le canvas dans un registre de beiges, de nudes chauds et de lumière.

La palette LV Ombres 724 réunit quatre teintes et s’accompagne notamment d’un rouge à lèvres LV Rouge 724 Monogram Dune dans un beige rosé et du baume LV Baume 098 Stellar Veil Topper aux effets holographiques.

Monogram Infrarouge prend le contre-pied de cette douceur. Noir, rouge et contrastes plus dramatiques structurent un univers que McGrath associe à une féminité plus affirmée. La déclinaison comprend la palette LV Ombres 715 Monogram Infrarouge, un rouge à lèvres satiné dans un registre rouge profond et le LV Baume 099 Galactic Veil Topper.

Cette opposition n’est pas anodine. Elle permet à Louis Vuitton de construire deux expressions émotionnelles à partir du même patrimoine visuel. Le Monogram cesse alors d’être simplement imprimé sur un objet : il devient un générateur de couleurs, de textures et d’attitudes.

C’est probablement là que le projet devient le plus intéressant du point de vue de la construction de marque.

Les grandes Maisons disposent d’archives considérables, mais leur valeur économique dépend de leur capacité à les maintenir vivantes. Le patrimoine n’est véritablement puissant que lorsqu’il peut produire du présent.

Louis Vuitton travaille depuis longtemps cette tension entre permanence et transformation. Le Monogram a été confié à des artistes, déplacé vers de nouveaux supports, modifié dans ses proportions, ses couleurs ou ses matériaux. Avec La Beauté, cette logique franchit une étape supplémentaire : le code historique ne recouvre plus uniquement un produit, il contribue à définir le produit lui-même.

McGrath explique d’ailleurs avoir voulu traduire les codes de la Maison — et notamment le canvas — en textures et en tonalités. Le packaging est pensé dans le prolongement des nuances contenues à l’intérieur.

La frontière entre contenant et contenu s’efface.

C’est une logique profondément luxueuse : l’objet n’est plus simplement le véhicule fonctionnel d’une formule cosmétique. Il devient une petite architecture de marque.

Et Louis Vuitton pousse cette logique jusqu’à la maroquinerie.

La collection limitée s’accompagne de petits articles en cuir et d’accessoires dédiés, notamment des pochettes à rouge à lèvres et des mini-vanities reprenant les Monogram associés à la collaboration. Le mouvement est particulièrement révélateur : la beauté emprunte les codes de la maroquinerie au moment même où la maroquinerie vient prolonger l’expérience beauté.

La circulation fonctionne donc dans les deux sens.

C’est probablement l’une des forces structurelles de Louis Vuitton. Peu de Maisons disposent d’un univers suffisamment vaste pour faire dialoguer de manière crédible maroquinerie, mode, parfums, beauté, accessoires et objets tout en maintenant une signature immédiatement reconnaissable.

Cette architecture transforme chaque nouvelle catégorie en porte d’entrée vers les autres.

Un rouge à lèvres peut mener à une pochette. Une palette peut devenir un objet de collection. Un motif historique peut devenir une histoire de couleurs. Et une cliente de beauté peut progressivement être exposée à l’ensemble de l’écosystème Louis Vuitton.

L’enjeu est d’autant plus important que le marché du luxe cherche de nouveaux moteurs de croissance dans un environnement où le consommateur est devenu plus sélectif. La beauté possède plusieurs caractéristiques recherchées par les groupes : forte dimension émotionnelle, renouvellement fréquent, potentiel de recrutement élevé et capacité à créer des habitudes.

Mais la catégorie impose également un risque aux Maisons les plus exclusives : celui de l’élargissement excessif.

Louis Vuitton semble répondre à cette tension par une stratégie de premiumisation radicale. Le prix, le caractère rechargeable, les éditions limitées, la dimension collectionnable et la proximité avec les codes de maroquinerie contribuent à maintenir une distance avec le marché traditionnel du maquillage.

La Beauté Louis Vuitton n’est ainsi pas conçue comme une version cosmétique moins chère de la Maison. Elle cherche à devenir une catégorie de luxe à part entière.

Le calendrier de lancement renforce par ailleurs la dimension internationale du projet. Selon WWD, les produits doivent être commercialisés en Chine à partir du 10 août, avant une disponibilité en ligne le 20 août, puis dans les boutiques Louis Vuitton à compter du 27 août.

Commencer par la Chine est un signal intéressant.

La beauté y occupe une place particulière dans la consommation de luxe et constitue un puissant vecteur de recrutement, notamment auprès de consommateurs plus jeunes.

Dans un marché chinois devenu plus complexe pour les acteurs occidentaux du luxe, la capacité à proposer des objets fortement identifiables, immédiatement associés au patrimoine d’une Maison, constitue un avantage distinctif.

La décision intervient également alors que le Monogram célèbre son 130e anniversaire.

Louis Vuitton utilise ainsi un anniversaire patrimonial non pour regarder en arrière, mais pour accélérer l’expansion contemporaine de l’un de ses codes les plus précieux.

C’est peut-être la lecture la plus juste de cette collaboration.

La question n’est pas de savoir si Louis Vuitton peut réussir à vendre des palettes à 340 dollars ou des rouges à lèvres à près de 200 dollars. La puissance commerciale de la Maison et la reconnaissance mondiale de son Monogram rendent l’hypothèse crédible.

La question est de savoir jusqu’où Louis Vuitton peut étendre son univers sans diluer ce qui en fait la valeur.

La réponse proposée ici consiste à ne pas séparer extension et patrimoine.

Plus la Maison entre dans une nouvelle catégorie, plus elle semble vouloir y injecter ses codes les plus historiques.

La beauté devient alors moins une diversification qu’un nouveau terrain d’expression.

Et le choix de Pat McGrath et Nicolas Ghesquière est décisif. L’une possède une autorité rare dans l’univers mondial du maquillage ; l’autre façonne depuis plus d’une décennie l’identité féminine contemporaine de Louis Vuitton.

Leur collaboration permet de relier deux systèmes créatifs qui, jusqu’ici, se rencontraient principalement quelques minutes sur un podium.

Désormais, cette rencontre devient un produit.

Elle devient aussi un objet rechargeable, un accessoire, une palette de couleurs, un morceau de Monogram et potentiellement une nouvelle relation quotidienne entre Louis Vuitton et ses clientes.

Pat McGrath laisse d’ailleurs entendre que cette première capsule n’est qu’un commencement. D’autres projets doivent suivre.

C’est sans doute le signal stratégique le plus important.

Louis Vuitton n’est plus simplement en train d’entrer dans le maquillage.

La Maison commence à construire les codes, les objets, les collaborations et les rituels qui pourraient permettre à La Beauté Louis Vuitton de devenir progressivement un univers autonome au sein de Louis Vuitton.

Dans cette construction, le Monogram joue exactement le rôle qu’il remplit depuis 130 ans : celui d’un lien entre héritage et désir.

La différence est qu’après avoir accompagné les voyages, habillé les sacs et traversé les collections, il entre désormais dans un territoire infiniment plus intime.

Celui du visage.

Quelle est la première collaboration de La Beauté Louis Vuitton ?

Louis Vuitton réunit Dame Pat McGrath, directrice de la création maquillage de la Maison, et Nicolas Ghesquière, directeur artistique des collections féminines, pour une collection de maquillage en édition limitée.

Responsable éditorial et coordination par Laura Bourdet
Crédits éditoriaux : M&M
Photographie : Louis Vuitton
© M&Magazine | Tous droits réservés

Head of Strategy Freelance – M&Magazine Paris

France, Île de France | FREELANCE | Salaire 700 – 1000 K annuel
Publié le 30/08/2026


1. Premier échange avec le fondateur pour comprendre le parcours, les motivations et la vision stratégique ;
2. Entretien avec l’Editorial & Brand Partnerships Director pour évaluer la complémentarité et les modes de collaboration ;
3. Discussion autour d’un cas stratégique lié à M&Magazine ;
4. Échange final sur le périmètre, les objectifs et les conditions de la mission.