Estimated reading time: 5 minutes Pendant des décennies, les politiques climatiques des grandes entreprises ont été évaluées à l'aune de leurs objectifs de réduction des émissions, de leurs engagements en matière d'énergies renouvelables ou de la décarbonation progressive de leurs activités. Une nouvelle réalité est désormais en train de s'imposer aux conseils d'administration : le changement climatique n'est plus seulement une question environnementale. Il devient un facteur de risque systémique capable de déstabiliser des territoires entiers, de fragiliser des chaînes d'approvisionnement mondiales et d'accentuer les fractures économiques et sociales auxquelles les entreprises sont elles-mêmes exposées. L'annonce de L'Oréal de consacrer 20 millions d'euros supplémentaires à son Fonds d'urgence climatique jusqu'en 2030 s'inscrit dans cette évolution profonde. Derrière un montant qui peut paraître modeste au regard des capacités financières du premier groupe mondial de beauté se dessine en réalité une réflexion plus ambitieuse sur le rôle du capital privé dans un monde confronté à des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents, plus coûteux et plus imprévisibles. La décision a été dévoilée à Londres lors du FT Climate and Impact Summit par Ezgi Barcenas, directrice de la responsabilité sociétale de L'Oréal. Le contexte de cette annonce est révélateur. Alors que de nombreuses économies développées reconsidèrent leurs dépenses publiques et que les budgets consacrés à l'aide internationale subissent des pressions croissantes, les entreprises sont progressivement poussées à combler une partie du vide laissé par les mécanismes traditionnels de financement du développement. Cette…
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