Temps de lecture estimé : 9 minutes Le ralentissement observé en 2025 dans l’horlogerie suisse n’est pas uniquement lié au ralentissement mondial observé dans le luxe. Il marque aussi un point d’inflexion plus profond, où un modèle économique centré sur la production et la distribution de biens laisse progressivement place à une logique pour les marques, d’accompagnement des pièces sur l’ensemble de leur cycle de vie, et ainsi de mutation vers un modèle de gestion d’actifs. Derrière la contraction des volumes, la hausse des coûts et la volatilité de la demande, c’est la nature même de la valeur horlogère qui se redéfinit. Cette lecture s’inscrit dans les enseignements de l’étude « Le futur de l’horlogerie suisse - 8 impulsions stratégiques » (édition 2026) menée par BearingPoint, qui propose une grille d’analyse structurée des transformations en cours et met en lumière les arbitrages désormais à l’œuvre au sein des principales maisons du secteur. BearingPoint_CH_Study_Watchmaker_2026 (1)Télécharger Les chiffres, en apparence, restent contenus. Les exportations reculent de 2,8 % en valeur et de 9,4 % en volume, dans un contexte de ralentissement du luxe global et de tensions géopolitiques persistantes. Mais ces données agrégées masquent une recomposition plus radicale. Le marché ne se contracte pas de manière homogène ; il se polarise. D’un côté, un noyau de maisons capables de maintenir rareté, désirabilité et discipline de prix continue de capter l’essentiel de la valeur. De l’autre, une frange plus large, historiquement portée par une clientèle…
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