Paris, le 24 mars 2026 - 5 minutes Le ralentissement du luxe n’a pas provoqué un retrait des grandes maisons - il a redéfini leurs priorités d’investissement. En Europe, les groupes LVMH, Kering et Richemont intensifient leur présence physique au moment même où la croissance ralentit, révélant une transformation profonde du rôle du retail dans leur architecture stratégique. Avec 96 ouvertures recensées en 2025 sur les principales artères européennes - en hausse de 13 % - le mouvement ne relève pas d’une logique opportuniste, mais d’une allocation de capital délibérée. Dans un environnement où la demande devient plus volatile et plus sélective, la sécurisation des meilleurs emplacements s’impose comme une priorité structurelle. La boutique physique, longtemps analysée comme un canal parmi d’autres, redevient un actif central. Non seulement pour capter la demande existante, mais pour organiser la demande future. Le trafic - local comme touristique - se concentre sur un nombre limité de destinations, et la capacité à y être présent conditionne désormais la performance commerciale autant que la désirabilité. Cette évolution s’inscrit dans une lecture plus large des comités exécutifs : à mesure que la croissance organique ralentit, la bataille se déplace du volume vers le contrôle. Contrôle de la distribution, contrôle du pricing, contrôle de l’expérience. Dans ce cadre, le retail physique offre un avantage décisif face à des canaux wholesale ou digitaux plus difficilement maîtrisables. Le cas de LVMH illustre cette approche. Malgré des performances de fin d’année en deçà des attentes sur certaines…
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