Lecture : 10 minutes Leonardo Maria Del Vecchio quittera le 31 août la présidence de Ray-Ban et ses fonctions de Chief Strategy Officer d’EssilorLuxottica, après une rupture rapportée avec le PDG Francesco Milleri. Dans sa lettre de démission, l’héritier critique une gouvernance devenue trop « distante » et « impersonnelle », révélant un conflit qui dépasse le seul management pour toucher à l’incarnation de l’héritage du fondateur. Cette sortie opérationnelle ne constitue pas un retrait capitalistique. Leonardo Maria Del Vecchio conserve 12,5 % de Delfin, holding familiale qui détient 32,4 % d’EssilorLuxottica, et entend rester un actionnaire actif. Son départ intervient après l’échec de son projet d’acquisition des parts de deux autres héritiers, qui aurait porté sa participation dans Delfin à 37,5 %. À court terme, l’épisode renforce la continuité managériale autour de Francesco Milleri et clarifie la séparation entre propriété familiale et pouvoir exécutif. À plus long terme, il expose toutefois la fragilité de Delfin, partagée entre huit héritiers, et la difficulté d’organiser la succession de Leonardo Del Vecchio. L’enjeu central n’est donc pas la stratégie industrielle d’EssilorLuxottica, qui reste solide, mais la stabilité de son actionnaire de référence. La famille conserve le contrôle ; elle perd cependant une nouvelle incarnation opérationnelle au sommet du groupe. Cette dissociation sera structurante si elle stabilise la gouvernance, déstabilisante si elle ouvre une contestation durable depuis Delfin. Executive BriefPar la rédaction de M&Magazine Leonardo Maria Del Vecchio quitte ses fonctions chez Ray-Ban…
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