Lecture : 7 minutes Pendant plusieurs décennies, les chaînes d'approvisionnement sont demeurées l'un des territoires les plus opaques de l'industrie cosmétique. Les maisons protégeaient leurs fournisseurs, leurs réseaux de transformation et leurs sources d'approvisionnement, considérant cette connaissance comme un avantage concurrentiel à part entière. Trois ans après son lancement, le consortium TRASCE démontre que ce paradigme est en train d'évoluer. Son bilan dépasse largement celui d'une initiative consacrée à la traçabilité : il révèle l'émergence d'un nouveau modèle de coopération industrielle où la transparence devient un levier de gouvernance, de résilience et de compétitivité. Initié par CHANEL puis lancé en février 2023 avec quinze membres fondateurs de l'industrie cosmétique, TRASCE ) Traceability Alliance for Sustainable Cosmetics ) réunit aujourd'hui dix-huit marques et fournisseurs majeurs, parmi lesquels Dior, L'Oréal Groupe, The Estée Lauder Companies, Clarins, Shiseido, Sisley, Laboratoires Expanscience, Groupe Rocher, L'Occitane en Provence ou encore Albéa. Cette diversité constitue l'une des principales forces du consortium : réunir l'ensemble des maillons de la chaîne de valeur afin de construire une approche commune de la traçabilité et des achats responsables. Trois ans après sa création, le consortium présente un premier bilan qui témoigne d'une montée en puissance progressive. Au total, 3 778 fournisseurs ont été recensés, dont 1 350 partagent désormais leurs données de traçabilité. Les travaux portent aujourd'hui sur douze ressources prioritaires, dans une trajectoire visant à couvrir quarante filières de matières premières et de packaging. Certaines chaînes de valeur sont…
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