Lecture : 7 minutes Dans le luxe, les grandes transformations stratégiques se mesurent rarement à l’échelle d’un trimestre ou d’un cycle de collection. Elles se construisent sur une décennie, parfois davantage. Dix ans après avoir lancé sa stratégie « Façonner le Luxe de demain », Kering publie un rapport d’impact qui apparaît moins comme un exercice de rétrospective que comme une tentative de démontrer qu’un investissement précoce dans la durabilité peut aujourd’hui devenir un avantage économique durable. La publication intervient dans un contexte particulier. L’industrie mondiale du luxe entre dans une phase de normalisation après plusieurs années de croissance exceptionnelle. Les groupes sont confrontés simultanément à une demande plus volatile, à des tensions sur certaines ressources naturelles, à un durcissement des exigences réglementaires et à une pression croissante des investisseurs sur la résilience des modèles économiques. Dans ce nouvel environnement, la question n’est plus de savoir si les entreprises doivent intégrer les enjeux environnementaux et sociaux à leur stratégie. La véritable interrogation concerne désormais leur capacité à transformer ces investissements en création de valeur durable. C’est précisément sur ce terrain que Kering cherche à se différencier. Bien avant que les sujets de décarbonation, de biodiversité ou de circularité ne deviennent des standards de marché, le groupe avait entrepris de construire une architecture de gouvernance entièrement fondée sur la mesure de ses impacts. Dès 2011, Kering développait son Environmental Profit & Loss Account, un outil visant à quantifier les externalités environnementales…
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