Temps de lecture estimé : 6 minutes Article réalisé en partenariat avec The Off L’annonce tient en quelques lignes, mais elle marque une inflexion plus profonde qu’il n’y paraît. En prenant une participation minoritaire dans Icicle, marque chinoise fondée à Shanghai à la fin des années 1990, Kering ne réalise pas une opération opportuniste. Il acte un déplacement méthodologique : celui d’un groupe qui, face à la fragmentation du luxe global, cherche moins à consolider qu’à se positionner en amont des cycles de création de valeur. Pendant deux décennies, le modèle dominant reposait sur une logique relativement linéaire : acquérir des maisons européennes établies, les structurer, puis amplifier leur distribution à l’échelle mondiale. Ce modèle n’est pas obsolète, mais il est désormais insuffisant. La croissance n’est plus homogène, les marchés ne réagissent plus de manière synchrone, et surtout, la désirabilité ne se décrète plus depuis un centre unique. Elle émerge, de plus en plus, de contextes locaux capables de produire leurs propres récits. Icicle appartient à cette nouvelle génération de marques qui ne cherchent pas à reproduire les codes du luxe occidental, mais à construire une proposition autonome. Son positionnement - minimalisme, matières naturelles, discours structuré autour de la durabilité - précède certaines évolutions devenues aujourd’hui centrales dans le secteur. Avec plus de 200 points de vente et une présence à Paris, la marque a déjà franchi un seuil critique : celui où une identité locale commence à envisager une projection internationale.…
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