Paris, le 30 janvier 2026 - Dans un secteur du luxe confronté à des tensions croissantes sur les capacités de production, les compétences artisanales et l’acceptabilité territoriale de la croissance, Hermès poursuit une trajectoire singulière. L’annonce de l’implantation d’une nouvelle maroquinerie aux Andelys, dans l’Eure, ne relève ni d’un ajustement tactique ni d’un signal conjoncturel : elle s’inscrit dans une stratégie industrielle de long terme, patiemment construite depuis plus de quinze ans. À terme, 260 artisans y exerceront leur métier, formés selon les standards internes de la maison, au sein d’un site implanté sur une friche industrielle réhabilitée. Un projet qui éclaire, au-delà de la seule géographie normande, la manière dont Hermès entend préserver sa croissance sans renoncer à ses fondamentaux. Une croissance contrainte… volontairement La maroquinerie-sellerie demeure le cœur économique et symbolique d’Hermès. Exclusivement fabriquée en France, cette activité concentre à la fois la valeur perçue, la rareté et l’exigence technique qui fondent la désirabilité de la maison. Or, cette équation impose une contrainte structurelle : la croissance ne peut être ni rapide ni délocalisée. Plutôt que de chercher à desserrer cette contrainte par l’externalisation ou l’automatisation, Hermès a fait un choix inverse : investir dans ses propres capacités artisanales, site après site, territoire après territoire. Depuis 2010, treize maroquineries ont ainsi été inaugurées en France. Celle des Andelys s’inscrit dans cette séquence, aux côtés des projets en cours à Loupes (Gironde), Charleville-Mézières (Ardennes) et Colombelles (Calvados). La Normandie comme pôle…
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