Lecture : 1 minute Pendant plus de quinze ans, le projet est resté invisible. Derrière les façades historiques de New Bond Street, Hermès préparait pourtant l’une des opérations les plus significatives de son histoire récente. L’ouverture de la nouvelle Maison londonienne intervient à un moment paradoxal pour l’industrie du luxe : les grandes métropoles mondiales restent des pôles d’attraction majeurs, mais les flux touristiques évoluent, les tensions géopolitiques se multiplient et la croissance n’offre plus les certitudes de l’après-pandémie. Pour Hermès, cette inauguration n’est pas un simple agrandissement commercial. Elle constitue une déclaration stratégique. L’ensemble de plus de 1 500 mètres carrés réunit six bâtiments historiques au cœur de Mayfair. Acquis dès 2009 après une décision prise en quelques jours seulement, le projet aura nécessité près de deux décennies de patience, de restauration et de coordination artisanale avant d’ouvrir ses portes. Cette temporalité résume à elle seule la différence fondamentale entre Hermès et une grande partie de l’industrie contemporaine. Là où de nombreuses entreprises raisonnent à l’échelle du trimestre, Hermès continue d’investir à l’échelle d’une génération. Cette philosophie apparaît au fil des propos d’Axel Dumas et de Pierre-Alexis Dumas. Les deux héritiers de la sixième génération familiale ne décrivent pas le projet comme un flagship mais comme une « maison », un lieu capable d’incarner simultanément les seize métiers du groupe, son patrimoine artistique et sa vision culturelle. L’approche tranche avec les logiques plus transactionnelles qui dominent aujourd’hui une partie du commerce…
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