Paris, le 04 septembre 2025 - Estimated reading time: 3 minutes Giorgio Armani s’est éteint à Milan à l’âge de 91 ans, laissant orphelin le monde de la mode d’une figure tutélaire qui aura redéfini les codes de l’élégance italienne et l’économie du luxe. Né à Piacenza en 1934, Armani a construit en cinq décennies un empire indépendant couvrant la mode, la beauté, l’hôtellerie et l’immobilier, générant 2,44 milliards d’euros de revenus en 2023 et conservant une trésorerie nette de plus d’un milliard d’euros. Armani s’était imposé comme le chantre d’un vestiaire sobre, fluide et intemporel, marqué par son fameux “greige” et ses tailleurs déstructurés, accompagnant l’émancipation vestimentaire des femmes dans les années 1980. Son aura internationale explosa en 1980 avec American Gigolo, consacrant une longue relation avec Hollywood et les tapis rouges. Sur le plan entrepreneurial, il a consolidé un modèle rare dans l’industrie : refuser les acquisitions, les introductions en Bourse ou les investisseurs extérieurs pour maintenir l’autonomie et l’intégrité de son groupe. La création en 2016 de la Fondation Giorgio Armani garantissait déjà que l’entreprise resterait indépendante, en investissant dans des projets sociaux tout en verrouillant sa gouvernance. Sa diversification fut précoce et visionnaire : parfums et cosmétiques avec L’Oréal, ouvertures d’hôtels avec Emaar, ligne Armani Casa, et expériences immersives comme le Silos à Milan. Toujours attentif aux détails, Armani incarnait la figure du créateur-entrepreneur, autant stratège que couturier. Sa disparition pose désormais la question de la gouvernance et de…
Éditorial réservé aux membres
Cet éditorial est accessible uniquement aux utilisateurs disposant d’un compte.
Créez votre compte gratuitement ou connectez-vous pour poursuivre votre lecture.