Lecture : 10 minutes Pendant près de vingt ans, les négociations entre l'Union européenne et l'Inde ont progressé dans une relative discrétion, freinées par des divergences commerciales, des considérations géopolitiques et la complexité d'un marché indien longtemps jugé difficile d'accès. Leur probable aboutissement, attendu d'ici la fin de l'année 2026 ou au début de 2027, intervient pourtant à un moment où l'industrie mondiale du luxe traverse l'une des plus profondes mutations de son histoire récente. Le ralentissement de la consommation en Chine, la normalisation de la demande américaine, la montée des tensions commerciales internationales, la fragmentation des chaînes de valeur et la recherche de nouveaux relais de croissance obligent les grands groupes à revoir leur cartographie stratégique. Dans cette nouvelle équation, l'Inde n'apparaît plus comme un marché d'avenir parmi d'autres. Elle devient progressivement l'un des rares territoires capables de modifier durablement l'équilibre économique du luxe mondial. La signature, cette semaine à Paris, d'un protocole d'accord entre le Comité Colbert et la Chambre de commerce et d'industrie franco-indienne ne constitue pas un simple rapprochement institutionnel. Elle marque la volonté des deux écosystèmes de préparer dès aujourd'hui l'environnement économique, réglementaire et culturel qui accompagnera l'entrée en vigueur du futur accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde. Derrière ce geste diplomatique se cache une conviction partagée : la prochaine décennie du luxe se jouera autant à Mumbai, Bangalore ou New Delhi qu'à Shanghai, New York ou Paris. L'accord commercial en préparation est,…
Éditorial réservé aux membres
Cet éditorial est accessible uniquement aux utilisateurs disposant d’un compte.
Créez votre compte gratuitement ou connectez-vous pour poursuivre votre lecture.