Lecture : 7 minutes Dans un contexte où une partie de l'industrie du luxe redécouvre les contraintes de la cyclicité économique, Dolce & Gabbana semble poursuivre une trajectoire singulière. Alors que plusieurs groupes concentrent leurs efforts sur la rationalisation des coûts ou la protection des marges, la maison italienne poursuit méthodiquement un projet beaucoup plus ambitieux : transformer une marque de mode en une plateforme mondiale d'art de vivre. L'exercice n'est pas nouveau dans le luxe. Plusieurs acteurs ont tenté, avec des fortunes diverses, d'étendre leur influence au-delà de l'habillement. Mais peu de maisons indépendantes disposent d'un terrain aussi favorable que Dolce & Gabbana. Quarante ans après sa création, la marque fondée par Domenico Dolce et Stefano Gabbana conserve un actif devenu rare dans l'industrie : une identité immédiatement reconnaissable. Dans un environnement où certaines maisons cherchent à concilier héritage, modernité et désirabilité auprès de générations aux attentes multiples, Dolce & Gabbana continue d'incarner une vision culturelle extrêmement cohérente, fondée sur une esthétique méditerranéenne assumée, un imaginaire italien puissant et une capacité à générer un univers émotionnel bien au-delà du produit. C'est précisément cette cohérence qui explique aujourd'hui la stratégie défendue par le nouveau co-directeur général Stefano Cantino. L'ancien dirigeant de Gucci, Louis Vuitton et Prada n'arrive pas avec un projet de rupture. Son approche consiste plutôt à identifier les espaces où la crédibilité de la marque demeure sous-exploitée. Le premier de ces territoires est celui de l'homme. L'information peut…
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