Paris, le 03 mars 2026 - 1 minute Il y avait quelque chose d’intentionnellement paradoxal à présenter une collection automne-hiver sous une chaleur presque estivale. Aux Tuileries, sous une lumière crue de début mars, Dior a offert bien plus qu’un défilé : une démonstration de pouvoir symbolique. Dans ce jardin façonné pour Catherine de Médicis puis redessiné pour Louis XIV, Jonathan Anderson a convoqué l’imaginaire du Roi Soleil non comme décor, mais comme structure. Le message est clair : la maison entend s’inscrire dans une continuité historique, tout en réévaluant les fondations économiques et esthétiques du luxe contemporain. Depuis son arrivée, Anderson avance sans rupture brutale. Il installe un vocabulaire, teste des volumes, observe les réactions. Automne 2026 marque une étape supplémentaire : l’appropriation assumée du XVIIIe siècle comme matrice. Redingotes assouplies, vestes à basques, jupes à tournure, dentelle de Chantilly, jacquards métalliques. L’arsenal aristocratique est là, mais jamais figé. Les proportions sont déplacées, les lignes allégées, les matières parfois déjouées. Des blazers raccourcis dialoguent avec des jupes en forme d’abat-jour en peau lainée d’une douceur presque technique. Des tricots sculpturaux remplacent la rigidité attendue. La silhouette n’est pas costume, elle est hypothèse. Ce qui frappe, au-delà du spectacle, c’est la stratégie sous-jacente. Anderson parle de “garde-robes de mi-saison”, avec des livraisons dès juin. La saisonnalité classique est diluée, au profit d’un vestiaire continu, adapté à la lumière du jour. Dans un contexte où le calendrier du luxe est remis…
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