Lecture : 9 minutes Le partenariat historique entre Diageo et Moët Hennessy (LVMH) entre dans une phase de questionnement stratégique. Longtemps considéré comme un modèle de coopération dans les spiritueux, il est désormais confronté à une baisse significative de sa rentabilité, à des tensions de gouvernance et à des divergences opérationnelles. La contribution des participations et coentreprises liées à Moët Hennessy est passée de 455 millions de dollars en 2023 à 219 millions en 2025, tandis que plusieurs différends ont fragilisé la relation entre les deux groupes. Pour le nouveau CEO de Diageo, Dave Lewis, la priorité reste le redressement opérationnel du groupe. Toutefois, cette alliance constitue un actif stratégique qui pourrait être réévalué une fois la transformation engagée. Une sortie apparaît néanmoins peu probable à court terme : les accords prévoient une décote de 20 % sur la valeur de la participation et les valorisations du secteur demeurent déprimées. Au-delà du cas Diageo–Moët Hennessy, cette situation illustre une évolution de fond dans le luxe et les spiritueux. Les partenariats capitalistiques hérités des années 1990 sont désormais jugés à l'aune de leur capacité à créer une véritable valeur opérationnelle. Dans un environnement où l'intégration verticale, la maîtrise des réseaux de distribution et l'agilité stratégique deviennent déterminantes, les alliances historiques ne sont plus intouchables. Les dirigeants devront arbitrer entre la préservation d'actifs patrimoniaux et l'optimisation de la création de valeur à long terme. Executive BriefPar la rédaction de M&Magazine Le partenariat…
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