Paris, le 22 février 2026 - Dans l’horlogerie suisse, la valorisation est souvent une affaire d’opacité autant que de prestige. Mais lorsque des fonds de capital-investissement révisent leurs estimations à la baisse, le signal dépasse le simple ajustement comptable. Les actionnaires financiers de Breitling auraient désormais ramené la valeur implicite de l’entreprise à environ la moitié de son niveau de 2023, révélant les tensions d’un modèle construit sur l’expansion rapide, l’intégration retail et l’effet de levier. L’histoire récente de la maison est pourtant celle d’un redressement salué. Acquise en 2017 pour environ 800 millions d’euros par CVC Capital Partners, Breitling a été repositionnée autour d’un triptyque clair : modernisation de l’image, rationalisation des collections et accélération du réseau en propre. L’entrée majoritaire de Partners Group en 2023, dans une transaction valorisant l’entreprise à 4,5 milliards de dollars, semblait consacrer la réussite du modèle. Elle a aussi déplacé le centre de gravité du risque. Depuis 2022, la dynamique s’est infléchie. Le ralentissement de la demande mondiale pour les montres de luxe, la montée des coûts fixes liée à l’ouverture accélérée de boutiques et les droits de douane américains sur les produits suisses ont pesé sur la rentabilité. Les estimations sectorielles de Morgan Stanley et du cabinet LuxeConsult suggèrent un recul d’environ 3 % des ventes l’an dernier, performance inférieure à celle du marché suisse dans son ensemble. Au Royaume-Uni, marché représentant près de 8 % du chiffre d’affaires, la contraction aurait atteint 25 % sur l’exercice clos en…
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