Estimated reading time: 11 minutes La consommation de luxe en Chine entre dans une nouvelle phase de maturité. Le ralentissement observé depuis deux ans ne traduit pas un retrait des consommateurs du segment premium, mais une profonde réallocation des dépenses. Les produits de beauté de prestige ( soins dermatologiques, cosmétiques et parfums ) s'imposent désormais comme les catégories les plus résilientes, tandis que la maroquinerie et les accessoires de luxe subissent des arbitrages plus marqués. Cette évolution repose sur un changement de logique de consommation. Face à une confiance économique toujours fragile et à la baisse de la richesse immobilière, les consommateurs chinois privilégient des achats offrant une valeur d'usage immédiate, une fréquence de renouvellement élevée et un coût d'entrée plus accessible. Les soins de la peau premium répondent parfaitement à cette nouvelle équation en combinant aspiration, bien-être et investissement personnel. Les performances publiées par les grands groupes confirment cette dynamique. L'Oréal enregistre une croissance soutenue de ses activités Luxe et Dermatological Beauty en Chine, tandis qu'Estée Lauder anticipe une accélération progressive du marché de la beauté de prestige. À l'inverse, Hermès, LVMH et Kering décrivent un marché chinois toujours prudent, particulièrement sur les catégories fortement exposées à la maroquinerie. Au-delà des résultats trimestriels, cette évolution marque un changement structurel. Le modèle de croissance fondé sur la démocratisation des sacs iconiques auprès de la classe moyenne aspirante laisse place à une consommation plus sélective, davantage orientée vers l'expérience personnelle que…
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