Paris, le 24 novembre 2025 - Estimated reading time: 7 minutes Après deux ans de stagnation qui ont remis en cause les ressorts traditionnels de la désirabilité, le marché mondial des biens personnels de luxe se prépare à entrer dans une phase plus structurée et plus exigeante. Selon les dernières estimations de Bain & Company, la croissance devrait reprendre en 2026, dans une fourchette 3 % – 5 %, portée par un rééquilibrage des prix, une créativité renforcée et une normalisation progressive des grands marchés régionaux. Mais derrière cette prévision modérée se cache une transformation bien plus profonde : l’industrie du luxe quitte un modèle d’expansion « facile », largement alimenté par l’effet richesse post-pandémique et l’hyper-élasticité des prix, pour entrer dans un cycle de discipline stratégique, de compétition culturelle et de complexité géopolitique.I. L’industrie sort d’un cycle hautement asymétrique L’essoufflement des années 2024–2025 n’a pas été conjoncturel, mais structurel.Le ralentissement a révélé trois vulnérabilités majeures : – Une dépendance excessive à la croissance chinoiseLa Chine a longtemps assuré 60 à 80 % de la croissance additionnelle du marché mondial. Ce modèle touche désormais ses limites.La crise immobilière, la contraction de la confiance des ménages et le chômage des jeunes ont fracturé la dynamique. – Une escalade tarifaire devenue contre-productiveEntre 2022 et 2024, les hausses de prix de certaines maisons ont dépassé 30 % cumulés dans la maroquinerie.Ce momentum — conçu pour renforcer la rareté — a atteint son cercle rouge :la valeur…
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