Lecture : 15 minutes Un an après la disparition de Giorgio Armani, le groupe entre dans la phase opérationnelle de sa succession. Le testament du fondateur prévoit la cession d’une première participation d’environ 15 % entre douze et dix-huit mois après son décès, avant une possible montée au capital de l’acquéreur ou, à défaut, une introduction en Bourse. Conseillé par Rothschild, Armani serait valorisé entre 5 et 7 milliards d’euros. La première tranche représenterait ainsi entre 750 millions et 1,05 milliard d’euros. Le groupe conserve cependant une position financière solide, avec environ 500 millions d’euros de trésorerie nette fin 2025 : l’ouverture du capital relève d’un choix successoral et stratégique, non d’un besoin immédiat de financement. Trois candidats concentrent l’attention, chacun selon une logique distincte. EssilorLuxottica pourrait accepter une position minoritaire afin de sécuriser sa relation historique avec Armani dans les lunettes. L’Oréal, titulaire de la licence beauté jusqu’en 2050, chercherait moins à entrer dans la mode qu’à protéger un actif majeur de son portefeuille luxe. LVMH disposerait des moyens nécessaires pour développer Armani à l’échelle mondiale, mais sa préférence pour le contrôle pourrait être difficilement compatible avec une participation durablement minoritaire ou une future cotation. L’enjeu dépasse la valeur directe de la maison. Les licences Armani exploitées par L’Oréal et EssilorLuxottica auraient généré près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé en 2025. Pour ces partenaires, une entrée au capital constituerait donc autant une opération financière qu’une protection…
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